L'influence des grands-parents dans la transmission des langues

Publié le par mon-enfant-trilingue

Il arrive parfois dans une famille plurilingue qu'une langue soit mise de côté, face au monopole de la langue du pays de résidence. Si un enfant n'utilise plus une langue, ses connaissances dans celle-ci risquent de diminuer fortement, jusqu'à disparaître totalement dans certains cas extrêmes. Les langues qu'on transmet à son enfant sont un cadeau qu'il convient toutefois d'entretenir. La perte d'une langue peut entraîner la fragilisation des liens avec la famille restée au pays d'origine, ou avec ce pays d'origine lui même.

Pour éviter cela, il est important que l'enfant reçoive une stimulation suffisante dans chacune de ses langues. Le contact régulier avec des membres monolingues de la famille est idéal, et en particulier avec les grands-parents. 

 

Une situation nouvelle et parfois conflictuelle

 

La plupart du temps la situation du plurilinguisme est inconnue aux nouveaux grands-parents, qui peuvent se montrer inquiets à l'idée que leurs petits-enfants ne les comprennent pas. Le plurilinguisme effraie car il s'agit d'une situation assez rare, et les personnes qui n'ont que très peu voyagé ou eu affaire au mélange des cultures se retrouvent alors devant l'inconnu. Certains développent un sentiment de rejet envers les autres langues de leurs petits-enfants. Certains regrettent également que la nouvelle famille multiculturelle ne reproduise pas les normes culturelles et familiales auxquelles ils sont accoutumés, et se trouvent désorienté face à ce mélange des cultures. 

Pourtant le rôle qu'ils ont à jouer est essentiel. Ils sont les représentants d'une partie de l'héritage culturel de leur famille, et doivent pour cela réussir à surmonter leurs hésitations. 

 

Les grands-parents "booster" de progrès

 

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Les grands-parents jouent un rôle important dans l'acquisition du langage, et en particulier ceux qui parlent la langue minoritaire de l'enfant. Ils offrent un apport langagier authentique qui "booste" et entretient la langue minoritaire, ou la moins utilisée. Cela place l'enfant dans un bain linguistique ou une immersion dans une seule langue, surtout si l'enfant séjourne chez ses grands-parents seul sans ses parents. Tout nouvel interlocuteur au contact de l'enfant apporte et offre son patrimoine linguistique riche d'expressions et tournures qui lui sont propres, qui varient en général de celles utilisées par les parents. 

Les grands-parents donnent à l'enfant une raison d'apprendre leur langue. Ils ont en général plus de temps pour lui lire des livres, pour répondre à ses questions ou faire des activités avec lui. Ils peuvent également lui en apprendre beaucoup sur la culture et le pays d'origine de ses parents. Lui faire découvrir les coutumes et traditions que ses parents n'ont peut être pas eu l'occasion de lui montrer. Ils endossent en quelque sort un rôle d'ambassadeur.

Une grand-mère ou un grand-père qui vante les capacités linguistiques de son petit-fils ou de sa petite-fille plurilingue auprès de son entourage encourage l'enfant et lui donne une plus grande confiance en lui. Il ne faut pas pour autant que l'enfant devienne un "animal de cirque" à qui on demanderait d'étaler ses talents linguistiques juste pour impressionner les membres de la famille !

 

Les difficultés à surmonter

 

Un problème qui apparaît très souvent est que les grands-parents s'attendent à ce que leurs petits-enfants plurilingues aient le  niveau d'un enfant monolingue. Ils comparent alors les progrès de l'enfant avec ceux des cousins monolingues et peuvent alors s'étonner du manque d'aisance de celui-ci (ce manque d'aisance est en général causé par un manque de pratique régulière). Mais comme nous l'avons déjà vu, il faut prendre en compte les performances dans toutes les langues de l'enfant additionnées les unes aux autres et ne pas s'attendre à ce que l'enfant ait atteint le niveau d'un enfant monolingue dans chacune d'elles. 

Si des grands-parents sont confrontés à un enfant qui mélange ses langues, ou se résigne à ne parler que dans sa langue dominante, il convient de continuer à lui parler dans leur langue comme si il était monolingue. Cela peut être très difficile à vivre, mais les efforts seront récompensés par la suite lorsque les premiers progrès se feront sentir. 

Certains grands-parents ayant la sensation qu'ils ne sont doué avec les langues étrangères peuvent se sentir déstabilisé, voir effrayé par les capacités précoces de leur petit-fils ou petite-fille (et parfois par celles de leur propre enfant). Il se peut aussi qu'ils aient gardé un mauvais souvenir de leur propre apprentissage d'une langue étrangère, ou qu'ils aient entendu parler du cas d'un enfant qui n'ait pas réussi à apprendre ses langues d'origine. Dans tous les cas les grands-parents doivent garder l'assurance que leur rôle est tout simplement d'être présent et d'offrir à l'enfant un modèle authentique de la langue. Grâce à eux, apprendre la langue et la culture d'origine en vaut vraiment plus la peine ! 

 

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