La Papouasie Nouvelle-Guinée

Publié le par mon-enfant-trilingue

Plus de la moitié des habitants de la terre est amenée à utiliser plusieurs langues au quotidien. Le plurilinguisme n'est donc pas l'affaire de quelques individus isolés, mais un phénomène très répandu. J'ai pensé qu'il serait donc intéressant ici de faire un petit tour d'horizon des pays où être trilingue est chose normale. J'ai donc créé pour cela une nouvelle catégorie d'articles : "Les trilingues dans le monde". Nous allons commencer par la Papouasie Nouvelle-Guinée où la diversité linguistique est très riche.

 

La Papouasie Nouvelle-Guinée en quelques mots

 

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La Papouasie Nouvelle-Guinée pour ceux qui ne sont pas très calés un géographie, est une île du Pacifique Sud, située au Nord de l'Australie et à l'Est de l'Indonésie où vivent 5 940 775 habitants. Colonisée par l'Austalie au nom de la Grande Bretagne et de l'Allemagne, elle a obtenu son indépendance en 1975. C'est un état membre du Commonwealth. 

 

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Une diversité linguistique hors du commun

 

La Papouasie Nouvelle-Guinée connaît la plus grande diversité linguistique au monde, avec 823 langues vivantes parlées. Sur ses 5,9 millions d'habitants, seules 50 000 personnes utilisent l'anglais comme première langue. La population de l'île vît à 80% en zone rurale, et est divisée en de très nombreux groupes linguistiques, qui ont chacun une population infime. Comme le principal groupe linguistique ne compte que 165 000 locuteurs, aucun groupe n'est majoritaire ni sur le plan numérique ni sur le plan politique.

Être plurilingue dans ce pays est donc tout à fait naturel. En général les habitants parlent une première langue au sein de la famille et du village, puis une ou deux langues vernaculaires (langue dont l'usage est délimitée à un territoire géographique délimité, à un peuple, à une communauté) telles que le Pidgin Mélanésien et le Hiri Motu pour pouvoir communiquer plus largement, puis la langue officielle, l'anglais. 

 

Les langues et le système éducatif

 

Avec plus de 800 langues, pas évident de se mettre d'accord sur les programmes scolaires et d'élaborer des manuels ! Bien sûr comme vous vous en doutez l'enseignement n'a pas lieu dans toutes les langues vivantes du pays. 

Jusqu'aux années 50 l'enseignement était prodigué dans les différentes langues vernaculaires. L'anglais devînt ensuite la langue unique d'enseignement. Après l'accession à l'indépendance en 1975, des parents ont commencé à exprimer leurs préoccupations concernant l'enseignement exclusif de l'anglais qui selon eux, coupait les enfants de leurs propres langues et culture. Les enfants qui ne réussissaient pas l'examen de passage devaient retourner dans leurs villages où ils étaient incapable de se réintégrer. Les habitants de Bougainville ont alors décidé de prodiguer un enseignement de deux ans dans leur propre langue avant l'entrée à l'école élémentaire où la langue d'enseignement était l'anglais. Le gouvernement de la Province soutint cette initiative en leur offrant des moyens financiers importants. Ces écoles villageoises se multiplièrent dans tout le pays et reçurent de nombreux soutiens de la part des politiques et des ONG. De 1976 à 1995 la plupart des enseignants de ces programmes préscolaires était non formés et bénévoles, et il n'y avait pas de programmes prédéfinis. 

Très vite les effets bénéfiques de ces programmes se sont fait sentir : les enfants qui en profitaient bénéficiaient de nets avantages sur le plan éducatif, et vivaient plus facilement la transition vers l'anglais. Face à ce succès une réforme de l'éducation nationale eut lieu en 1995 et encouragea l'enseignement des langues vernaculaires dans les trois premières classes du primaire. L'anglais oral fût lui introduit à partir du CM2 avec une transition progressive dans les classes suivantes jusqu'à utiliser l'anglais comme langue d'enseignement. Les enfants furent donc mieux préparés sur les plans cognitif, évolutif et intellectuel à passer de l'enseignement dans leur propre langue à l'enseignement de l'anglais. 

Cela rejoint un peu ce que j'écrivais à propos des enfants issus de l'immigration (ici l'article Les difficultés que peuvent rencontrer les enfants plurilingues ) qui rencontrent des difficultés scolaires à cause d'un manque de stimulation dans leur propre langue et de lacunes dans l'acquisition de la langue de l'école. Cela peut donc nous servir d'exemple. Le conseil de l'Europe converge dans ce sens, puisqu'il encourage la promotion des enseignements dans les langues d'origines des enfants issus de l'immigration afin d'améliorer leurs performances dans la langue du pays d'acceuil, et ainsi lutter contre l'échec scolaire de ces enfants. 

 

 

Publié dans Tour du monde ...

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