Maman tiens, Baba al !

Publié le par mon-enfant-trilingue

2012-05-24-035.jpgHier nous étions tous les trois à table, Lilas, son papa et moi. Nous étions au désert, et il restait trois morceaux de melon. Lilas, qui comme d'habitude trônait en bout de table, a décidé de les partager, un pour chacun. 

"Maman tiens, Baba al." "al" signifie tiens en turc. Tout naturellement elle s'est adressée en français à sa maman, et en turc à son papa. 

Cet exemple n'est pas isolé, au contraire. Il illustre la manière dont Lilas peu à peu, s'habitue à manier correctement ses langues, en fonction de la personne à laquelle elle s'adresse. Je pense qu'elle est capable de distinguer le français du turc, pour une grande partie du vocabulaire qu'elle comprend. Cependant elle ne peut pas encore prononcer tous les mots qu'elle connaît. Il arrive souvent qu'elle connaisse le nom d'un objet aussi bien en turc, qu'en français, mais qu'elle ne sache l'articuler dans une seule langue.

Par exemple, Lilas utilise le mot turc "çiçek" pour désigner une fleur, "kus" un oiseau ou un cheval "at". Elle dira par contre en français les mots "livre", "jus", "pain".

Je pense qu'elle retient en premier le mot qui lui semble être plus le facile à dire. "kus" est plus simple que "oiseau". Dans l'autre sens, "pain" est plus court que "ekmek"

Parfois elle fait des mélanges dans une seule phrase. Ce qui est rigolo, c'est qu'elle compte de la manière suivante : bir, deux. Ça s'arrête là, elle ne sait compter pour le moment que jusqu'à deux !!

 

Du mot à la phrase

 

Lilas apprend désormais à répéter de courtes phrases en entier, qui sont sont utilisées fréquemment. Elle demande par exemple "ça va?", "c'est qui ?", "c'est bon ?", "c'est beau ?".

En turc, lorsqu'elle cherche un objet, elle dit alors "nerede ?". Elle sait également demander "où ?", mais elle a l'air de trouver cela difficile, car elle privilégie la version turque.

 

La crèche

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Lilas est allée pour la première fois à la crèche cette semaine. Nous sommes restées une heure seulement, car les allemands prévoient un long processus d'intégration pour que les enfants s'habituent en douceur. 

Lorsque l'éducatrice s'adressait à elle en allemand, Lilas ne réagissait pas toujours. Mais petit à petit, elle s'est sentie à l'aise, et s'est mise à l'écouter attentivement. Avec les enfants par contre, la communication s'est faite toute seule, de manière naturelle. J'ai remarqué qu'en général, elle ne s'adressait à eux ni en français, ni en turc, mais dans un genre de baragouinage non identifié ! Peut être essayait-elle tout simplement d'essayer de reproduire ce que l'allemand évoquait à ses oreilles !

Prochain rendez-vous la semaine prochaine. Dans tous les cas, l'éducatrice m'a certifié qu'en général, les enfants qui ne connaissaient pas l'allemand en arrivant à la crèche apprenaient très rapidement !

 

 

 

 

Publié dans Le journal de Lilas

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