Mila

Publié le par mon-enfant-trilingue

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Mila a grandi avec 3 langues. Elle a aujourd'hui 21 ans, et en parle 4. Son témoignage nous permet de comprendre un peu mieux ce que peut ressentir un enfant confronté à un milieu où diverses langues cohabitent, et les conséquences sur sa vie d'adulte. 

 

Une enfance en Suisse

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Mila est née à Genève en Suisse, d'une mère espagnole et d'un père Albanais. Elle est l'aînée de la famille. A la maison, c'est un vrai bain linguistique où cohabitent 3 langues : l'albanais, l'espagnol et le français. Entre frères et soeurs les échanges se font en albanais et en français. Avec les parents ça dépend. "Avec ma mère et mon père on parlait de tout. Si ils me parlaient en espagnol je répondais en espagnol, si ils me parlaient en français je répondait en français et ainsi de suite." Le père de Mila accorde une grande importance au fait que ses enfants soient capable de parler les langues de la famille, mais aussi celle du pays de résidence. "Mon père disait qu'il fallait apprendre la langue de la mère, du père et du pays où l'on vît par respect. Et que cela serait un plus dans la vie future. Il avait raison ! " 

Les premières années de sa vie, le français n'était pourtant pas très présent à la maison. Mila était alors enfant unique, et ses parents ne parlaient au départ que leurs langues d'origine. Les premiers contacts avec la langue française ont donc eu lieu à l'école, à l'âge de 5 ans. "Moi j'ai tout appris à l'école avec les amis et les enseignants. Mais mes frères et soeurs ont eu plus de chance. Moi je parlais français avec eux, et eux m'entendaient parler cette langue avec mes parents. Mes parents étaient content à un certain moment car ils amélioraient leur français en parlant avec moi vu que je prenait des cours de français alors qu'eux n'en avaient jamais pris". 

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Des difficultés à l'école

 

Apprendre le français a été assez difficile pour Mila, puisqu'elle parlait déjà deux langues. Elle ne se souvient pourtant plus très bien de cette période : " je sais d'après ce que raconte mon père que ça a été très difficile, que j'avais beaucoup de peine car l'enseignant n'arrivait pas à me faire comprendre les choses". Pour ses frères et soeurs par contre, l'apprentissage de cette nouvelle langue s'est déroulé en douceur "ils se sont juste amélioré car on parlait déjà le français à la maison. Il s'y sont vite fait !".

C'est vers l'âge de 10 ans que Mila a enfin été capable de parler et répondre correctement en français. Elle a redoublé entre temps son CM1 car son niveau à l"écrit n'était pas encore parfait et ses notes en français insuffisantes "mais ça en a valu le coup je trouve !". Par la suite, la langue française a pris de plus en plus de place jusqu'à devenir sa langue dominante

Toutes ses difficultés ont étaient surmontées vers l'âge de 16 ans, puisque c'est à partir de ce moment qu'elle a réussi à jongler naturellement avec toutes ses langues "depuis mes 16 ans je ne dois plus réfléchir à "il m'a parlé en français alors je dois répondre en français, ou bien "il a parlé en quelle langue déjà ?"" 

 

Mila adulte

 

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Aujourd'hui Mila a 21 ans, est mariée et vît en Autriche. Depuis trois ans elle parle également allemand. Sa langue dominante est désormais l'albanais, puisque son mari est aussi d'origine albanaise. Elle a un peu oublié l'espagnol qu'elle pratique moins suite au décès de sa maman il y a quelques années. 

Enfant trilingue, son parcours ne la décourage pas d'apprendre une quatrième langue. Aujourd'hui elle réalise les bénéfices de ce patrimoine linguistique "je dois dire que mes langues me servent beaucoup. Je travaille dans un bureau de vente, il y a de tout, et je reçoit des appels de différents pays, alors mes langues me sont bien utiles !" Elle envisage même une cinquième langue "je pense prendre des cours d'anglais pour bien le maîtriser, mais c'est à voir !".

Mila est à son tour maman. Son fils grandira lui aussi dans un environnement plurilingue, et aura devant lui un long parcours d'apprentissage "j'ai un fiston qui aura 4 mois. Je pense tout d'abord lui apprendre l'albanais, puis l'allemand petit à petit, et le français par la suite. Je lui paierai surement des cours pour le français !". 

 

 

 

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