Une année déja !

Publié le par mon-enfant-trilingue

Alors, comment ça se passe chez vous ?

Le premier enfant c'est toujours un peu angoissant. On a peur de ne pas savoir comment s'en occuper, de commettre des erreurs ou de faire les mauvais choix. Heureusement (ou pas ?) l'entourage est toujours là pour prodiguer des conseils, qu'on suivra, ou non, le principal c'est de se sentir épaulé. Mais dans notre cas à nous c'était un peu une première, et personne n'avait d'expérience à ce niveau. Comment va t-on faire pour apprendre le français, le turc et l'allemand à notre bébé sans s'emmêler les pinceaux ?

Lilas, son papa et moi vivons tous les trois en Allemagne plus ou moins loin de nos familles. Ma maman à moi habite dans le nord de la France, et mes beaux parents vivent à Ankara, en Turquie. C'est donc super important pour nous de transmettre nos langues maternelles respectives à notre fille. Ça me tient d'autant plus à coeur que, à la différence de la communauté turque qui est très importante en Allemagne, les français à Essen se comptent presque sur le bout des doigts (bon ok, j'exagère). Je serais donc l'unique personne avec laquelle ma fille parlera le français, en Allemagne.

La ligne de conduite qui se répétait un peu partout (internet, amis, connaissances ...) c'était que chaque parent ne parle avec l'enfant uniquement dans sa langue maternelle. Pour chaque langue, un enfant ne dois avoir qu'un référent. Si les parents parlent une fois en chinois, et 5 min après en portugais l'enfant ne s'y retrouve pas. Nous avons donc décidé que je ne parlerai qu'en français avec Lilas, et son père en turc. Elle apprendra l'allemand à 2 ans à la crèche. Puis à 3 ans, nous l'inscrirons dans une école maternelle franco-allemande. Le seul point d'interrogation qui persistait, et persiste toujours concernait les échanges entre le papa et moi-même. Je comprends de manière limitée le turc, mais je ne le parle presque pas. Atalay, lui se débrouille un peu plus en français. Mais de manière générale nous parlons ensemble en allemand. J'avais donc peur que Lilas soit perturbée face à cette langue "étrangère", qu'elle se sente mise à l'écart. Pour le moment cela ne semble pas poser de problème. Mais ce point important est à creuser, et à surveiller.

Je dois avouer, que les premières semaines de vie commune avec Lilas et Atalay, c'était un peu bizarre de parler français à mon bébé. J'avais l'impression d'exclure un peu plus mon compagnon de cette relation mère-enfant qu'il ne l'était déjà par l'allaitement. Mais plus le temps passait, plus je m'efforçais de parler un maximum avec mon bébé, et j'appreciais ce nouveau rapport avec ma langue maternelle, que je transmettais à mon enfant. 

Tu crois qu'elle comprend ? 

Les premiers mois, un bébé ne comprend pas le sens des phrases, mais il est sensible à l'intonation de la voix. Un bébé peut très tôt reconnaître si sa maman est joyeuse ou en colère, au son de sa voix. Il est déjà très sensible aux émotions. Ce n'est qu'à partir de 6 mois que le mots commencent à faire sens. 

De notre côté, ça n'a pas été difficile de vérifier si Lilas commençait à saisir le sens de quelques mots. Nous avons des perruches qui ont toujours éveillé l'intérêt de Lilas. Très vite, j'ai remarqué que lorsque je demandais "Ils sont où les oiseaux", Lilas regardait dans la direction de la cage". Son papa lui a également posé la question en turc, et c'est tout naturellement que Lilas a posé son regard sur nos perruches. Aucun de nous ne lui avais appris intentionnellement le mot "oiseau", que ce soit en français ou en turc. Elle avait associé d'elle même l'animal à son nom dans les deux langue. Et ça a été de même pour tous les autres mots. 

Environ un mois ou deux après, elle s'est mise à faire des bisous lorsqu'on le lui demandait, en turc ou en français. Elle répondait aussi aux ordres "donne" et "tiens" dans les deux langues.

Baba, maman 

Entendre les premiers sons sortir de la bouche de son bébé est toujours un moment merveilleux. La question qui me titillait était de savoir dans quelle langue allait pour la première fois parler mon bébé. Lilas n'étant qu'un bébé comme les autres, son premier mot fût "baba". En tant que parent, il est toujours difficile de rester rationnel. Lorsqu'il a entendu le premier "baba", qui signifie "papa" en turc, Atalay a explosé de joie et s'est empressé de le répéter à la famille. Même si je savais que tous les enfants baragouinent les même sons du fait qu'ils sont physiologiquement plus simple, j'aurais préféré un beau "maman". Mais je n'ai pas eu trop à attendre. 

J'avais convainque Atalay de n'utiliser avec Lilas que le français de "maman". En turc maman se dit "Anne". J'avais rêvé des années du moment où mon enfant me dirait pour la première fois maman, et j'aurais été très déçue de l'entendre dans une autre langue. Lorsque Atalay parle de moi à Lilas, il introduit le mot "maman" dans sa phrase turque. Et moi de même avec "baba". C'était un peu bizarre au début de prononcer des phrases telles que "va faire un calin à ton baba", mais on s'y habitue vite. 

Lorsque les bébés commencent à baragouiner, on a toujours l'impression qu'ils s'expriment dans une langue étrangère. Il est vrai que je me demandais parfois si Lilas n'essayait pas de me dire quelques chose en turc. La maman d'Atalay, elle était convainque que Lilas me parlait en français, tellement  elle y mettait du coeur. Peut-être reproduisait-elle réellement les intonations du français. C'était difficile à vérifier. Il ne s'agissait seulement d'une suite de baba bababa mama dada beeeeeeeeeeee baba teuteubeu areuhhhh keukeu ...

Les premiers mots

Le papa de Lilas n'est pas très présent à la maison. Elle passe toutes ses journées avec moi, et ne côtoie que très peu d'autres personnes. Elle entend donc du français toute la journée. La plupart de ses premiers ont donc été dit en français, mais un français très simplifié tel que je le parlais avec elle : tutute (la tétine), dada (au revoir, la promenade), tiens, quoi (c'est quoi, qu'elle utilise lorsqu'elle montre quelque chose du doigts), encore. Son premier mot turc qu'elle a prononcé a été "bak", qui signifie regarde, puis "gel" (viens).

Un an !

024Aujourd'hui Lilas vient d'avoir un an. Elle a fait beaucoup de progrès, notamment au niveau de la compréhension. Elle comprend très bien des ordres simples tels que "viens", "donne", "non tu peux pas", "regarde", "attention tu va faire bobo". Depuis qu'elle marche elle se dirige dans la chambre lorsque je lui dit qu'il est temps d'aller au lit, ou vers la salle de bain si je lui dit qu'elle va prendre un bain. Elle devient toute excitée lorsqu'elle comprend qu'il est l'heure de manger, ou que quelqu'un va nous rendre visite. Mais je sens tout de même une légère avance au niveau du français. 

Elle commence aussi tout doucement à élargir son vocabulaire. Mais elle ne dit encore quasiment pas de mot en turc mis à part le "bak", ou "dede" (papy). Mais de temps en temps elle répète grossièrement d'autres mots comme par exemple "merhaba" qui veut dire "bonjour". En français, elle dit "allô" lorsqu'elle se met le téléphone à l'oreille. "Miam miam" quand elle a faim, "tutute" quand elle veut sa tétine, "bébé" quand elle voit des enfants. Dans certaine situation elle est capable de répéter des mots tels que "au revoir" ou "un an" qui était d'actualité il y a peu.

Donc pour le moment elle ne montre pas de retard au niveau de la parole, puisqu'elle prononce déjà ses premiers mots, avec le français nettement mis en avant. Sa compréhension est aussi très satisfaisante, et parfois impressionnante aussi bien pour le français que le turc.

Et l'allemand dans tous ça ?

Lilas est depuis sa naissance exposé à la langue allemande puisque ses deux parents communiquent entre eux par l'intermédiaire de cette langue. Lorsque nous sortons, les gens dans la rue, ou dans les commerces lui parlent en allemand. Il n'est pour le moment difficle de savoir dans quelle mesure elle comprend cette langue. Mais depuis peu, il lui arrive de répéter le mot "hallo" lorsqu'elle entend que des gens nous saluent, ou s'adressent à elle.

A suivre ...

Les semaines et les mois qui viennent vont être à mon avis très intéressants puisque les progrès de Lilas vont s'accélérer. En règle général, les enfants sont capables de prononcer des phrases de deux mots à partir de l'âge de 2 ans. Nous verrons donc ce qu'il en sera pour Lilas. Et il sera intéressant d'observer si le décalage entre le français et le turc s'intensifie ou au contraire s'efface. 

 

 

 

 

 

 

Publié dans Le journal de Lilas

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Lisette 07/03/2012 15:51

Hallo! Vielen Dank für Dein Blog - ich habe gerade diesen ersten Artikel gelesen und werde mich jetzt über die anderen "hermachen".
Als Deutsche lebe ich mit meinem italienischen Freund in Paris und wir erwarten unser erstes Kind in drei Monaten. Auch wir sprechen fast ausschließlich auf Französisch miteinander (auch wenn wir
beide unterschiedlich schlecht und recht die Muttersprache des anderen verstehen) - eine Tatsache, die mir hinsichtlich des Spracherwerbs unseres Kindes und unserer familiären Kommunikation etwas
Sorge bereitet. Wie gut zu wissen, dass wir mit diesem "Projekt" nicht alleine dastehen :)

Schöne Grüße aus der Capitale!

mon-enfant-trilingue 14/03/2012 09:08



Hallo ! Vielen Dank für Ihren Kommentar und für Ihre Interesse. Wissen Sie, ich könnte fast gar kein Türkisch vorher. Aber seitdem Lilas geboren ist, habe ich bemerket, dass ich vielmehr von
Türkisch verstehen kann. Ohne dass ich mich dafür Mühe gegeben habe. Deswegen mache Sie sich keine Sorge. Es wird von allein klappen !


 


Schöne Grüsse



janet 22/09/2011 18:42


Bonjour!

Je trouve très intéressante cette idée de blog sur le multilinguisme. Je n'en ai encore jamais vu!
A la maison, mes enfants sont également trilingues: français (moi-même je ne parle que le français et le papa, lui, maîtrise les 3 langues), kabyle (avec les copains) et arabe (à l'école). Je pense
qu'au tout début, ça leur demande quand-même pas mal d'adaptation, surtout pour l'entrée à l'école quand ils découvrent que, eh bien, on n'y apprend ni le français, ni le kabyle, mais...l'arabe.
Mais avec les années qui passent, c'est pour eux de plus en plus facile, et je suis surprise de découvrir qu'ils ne sont pas les derniers à recevoir un 1er prix de tamazight (kabyle)ou la première
note en rédaction arabe. Et maintenant, je les surprends même à se faire des amis avec lesquels ils ne parlent que "arabe de la rue", assez différent tout de même de l'arabe de l'école. Alors,
lorsque l'anglais est arrivé dans leur enseignement, ils ne se sont pas sentis plus perturbés que ça. Ca devient une habitude, je pense, de jongler avec les langues...Mais bon,il faut avouer qu'au
début, ce n'est pas toujours facile...
Bonne continuation pour votre blog sur lequel je vais continuer de me balader..


mon-enfant-trilingue 26/09/2011 14:44



Vous habitez dans quel pays exactement ? En Algérie ?