Quelle langue parler en présence d'autres personnes ?

Publié le par mon-enfant-trilingue

Beaucoup de parents décident d'appliquer la méthode du "une personne/une langue" afin de soutenir au mieux leurs enfants dans leur apprentissage des langues. En règle général, cela les amène à parler avec leurs enfants une langue différente de celle du pays où ils se trouvent, et parfois même, différente de celle de l'autre parent. Comment faut-il donc se comporter en présence de personnes ne comprenant pas cette langue afin qu'elles ne se sentent pas exclues  ? 

Il convient de différencier deux situations d'exclusion possibles : le milieu familial, et le milieu extérieur ou social de manière générale. 

 

Dans le milieu familial


Les parents d'enfants trilingues ont souvent des origines et langues maternelles différentes. Il peut arriver que l'un des parents ne connaisse pas la langue de son conjoint, et par la même occasion l'une des langues de ses enfants. La meilleure solution pour que les moment passés en famille ne deviennent pas sources de frustration et de tension, est que les parents apprennent en même temps que les enfants la langue de leur conjoint. Pour faciliter cet apprentissage, il peut être intéressant de suivre un cours de langue pour débutants afin d'acquérir les bases grammaticales. Ensuite, l'acquisition de cette nouvelle langue se fera sans efforts et en douceur, en suivant peu à peu les progrès du bébé. N'oublions pas que les première années de sa vie, le niveau de langage d'un enfant est très limité et cela ne posera donc que très peu de problèmes à l'adulte de comprendre les premières conversations entre son conjoint et son enfant. Avec le temps, il faudra accepter l'idée que ces conversations deviendront de plus en plus complexes et que tout ne pourra être compris par le parents tiers.

Il est très important alors que les sujets importants qui concernent la famille soient compris de tous. Pour cela, il faudra habituer la famille aux traductions simultanées ! Lorsque le sujet touche les enfants, essayez d'utiliser le langage commun de la famille. Plus les enfants grandiront, plus il faudra accepter l'idée que la langue du pays d'habitation vienne faire de plus en plus souvent irruption dans les conversations familiales. 

Une autre solution, pour ceux qui considèrent que la méthode du "une personne/une langue" n'est pas obligatoirement nécessaire, est d'utiliser la langue commune lors des conversations familiales. Dans ce cas de figure, l'enfant comprendra les langues minoritaires, mais il risque par contre de ne pas les parler. Les enfants en effet ne voient pas l'utilité d'apprendre quelque chose dont ils ne se servent pas. 

L'important est donc de trouver le système qui convient le mieux à la situation de la famille et aux attentes des parents. Les règles doivent être clairement énoncées aux enfants afin que ceux-ci s'y retrouvent le plus facilement possible et ne soient pas ainsi perturbés.

 

A l'extérieur

 

Une personne étrangère à la famille peut accepter plus difficilement le fait d'être exclue d'une conversation, qu'une personne proche habituée à la situation. Ne pas comprendre ce que vous dîtes à votre enfant peut être une source de frustration. Certains considèrent en effet inconsciemment que comprendre les conversations qui les entourent est un droit fondamental. Il peut également arriver que les personnes dans cette situation se sentent mal à l'aise de ne pas comprendre. D'autant plus si il s'agit de chuchotements !! La réaction la plus répandue est de penser à tord que ces paroles les concernent (le plus souvent de manière négative). Il faudra malheureusement vous habituer à affronter ces situations. Ne traduisez seulement si vous semble essentiel, mais n'ayez pas mauvaise conscience de parler avec votre enfant dans votre langue de choses qui vous sont personnelles !

Inversement, dans certains cas vous préférez que des étrangers puissent comprendre ce que vous dîtes à votre enfant, comme par exemple lorsque vous lui demandez de rendre le sceau qu'il vient de piquer à un autre enfant du bac à sable. La meilleure chose est de traduire à votre enfant ce que vous venez de dire à la personne concernée, plutôt que de vous adresser directement à votre enfant. Dîtes simplement à l'autre enfant que le votre va lui rendre son sceau, afin qu'il comprenne ce qui se passe, et que ses parents soient rassurés et ne se sentent pas mal à l'aise. 

En règle général, il faut simplement déterminer au cas par cas si il est plus important que la personne en face de vous comprenne de quoi votre enfant et vous discutez, ou que vous mainteniez votre système linguistique à tout prix. Cette équation varie d'une personne à l'autre, et d'une famille à l'autre. 

 


 

 

 

 

Sources : multilingualchildren.org

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